Un semblant de rétablissement de paix sociale ? Les années postérieures à la mort de Caius Gracchus (121-112)

Les années qui suivent la mort de Caius Gracchus se traduisent par un semblant de paix sociale. Mais l’épisode des Gracques a laissé des marques indélébiles dans la République romaine. Les années qui suivent sont des années de règlements de compte entre ceux qui étaient partisans des Gracques et ceux qui leur étaient opposés. On peut par exemple évoquer la condamnation de Cornelius Lentulus qui a été amené à réprimer les troubles de l’année 121 et qui a été jugé responsable de la mort de Caius Gracchus. Toute la période qui précède « la guerre sociale » est considérée comme un moment de procès politiques. Par ailleurs, durant les quinze années qui suivent la mort de Caius Gracchus, toutes les mesures qu’il avaient prises ont été annulées. Vers 113-112 par exemple, une loi est votée pour mettre fin aux activités de la commission agraire de récupération et de lotissement de l’ager publicus et autorise les possessores à conserver les terres publiques qu’ils détenaient. Cette disposition ne dure que jusqu’en 111 puisque cette disposition rend les terres détenues privées. Un autre exemple peut être cité :

En 115 Marcus Aemilieus Scorus, devenu consul avec Marcus Caecilius Metellus, s’en était pris à un préteur, Publius Decius, qui ne s’était pas levé de son siège lorsqu’il était passé devant lui : il lui arracha sa toge, brisa son siège curule et interdit, par un édit, que l’on s’adresse à lui pour exercer la justice. Ce Decius était celui-là même qui avait poursuivi Opimius, quelques années plus tôt, lors de son tribunat (Hinard, 2000, p. 572).

Les années 123 à 109 se traduisent par des consuls qui défendent une politique gracchienne et une politique anti-gracchienne. Ce sont donc des conflits politiques qui se jouent durant cette période.

Sur la plan de la politique extérieure, les armées continuaient d’accumuler des victoires : en 123, les Baléares sont pacifiées après 75 ans de lutte contre les pirates. Les Allobroges, un peuple gaulois vivant entre Grenoble et Lyon, sont décimés et leur roi (Bitius) est capturé. Les Rutènes (peuple gaulois du massif central) et les Avernes (auvergnats) sont également vaincus. Le sud et le centre de la Gaule sont pacifiées.

Si les Romains accumulent les victoires au Nord, une menace vient du sud : celle de Jugurtha dont l’histoire nous a été relatée par un historien romain, Salluste, et sur laquelle nous reviendrons dans le prochain post.

Source :

Hinard F., « Les années troubles » in Histoire Romaine tome I, Paris, Fayard, 2000, pp. 569-609

Une réponse à « Un semblant de rétablissement de paix sociale ? Les années postérieures à la mort de Caius Gracchus (121-112) »

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