Le rasoir d’Ockham ou le principe de parcimonie, ses applications dans la zététique

Le rasoir d’Ockham est un principe bien connu de ceux qui étudient les discours ou apprécient le débat et l’esprit critique. Il se formule comme suit : « Pluritas non est ponenda sine necessitate », soit en français : « La pluralité des notions ne doit pas être posée sans nécessité ». Cette maxime, rédigée en 1319, résume une approche méthodologique visant à éliminer les explications inutiles ou excessivement complexes.

Qu’est-ce que le principe de parcimonie ?

L’auteur, Guillaume d’Ockham (v. 1285-1347), est un philosophe, logicien et théologien du Moyen Âge. Il est principalement connu du grand public pour son « rasoir », également appelé « principe de parcimonie », qui signifie qu’il est inutile de multiplier les concepts et les distinctions pour expliquer une chose. Le principe de parcimonie demande de privilégier l’explication qui formule le moins d’hypothèses ad hoc ou particulières pour expliquer un phénomène, et de ne pas recourir à de nouvelles hypothèses tant que celles déjà énoncées suffisent. Autrement dit, une démonstration est plus efficace lorsqu’elle est simple.

Le rasoir d’Ockham en zététique

En zététique, qui est l’art du doute et de l’enquête rationnelle, le rasoir d’Ockham est un outil fondamental pour analyser les hypothèses extraordinaires et les discours pseudoscientifiques. Il permet d’adopter une approche rigoureuse face aux explications complexes et invérifiables.

Lorsqu’un phénomène étrange est observé (apparitions, ovnis, télépathie, etc.), plusieurs explications peuvent être avancées : on peut avancer une hypothèse simple : illusion d’optique, biais cognitif, méprise, supercherie ou une hypothèse complexe : intervention d’êtres surnaturels, complot gouvernemental, violation des lois connues de la physique.

Le rasoir d’Ockham invite à privilégier la première hypothèse, car elle nécessite moins de suppositions invérifiables et repose sur des principes déjà établis.

De même, face à une maladie, une explication scientifique implique des causes connues (virus, bactéries, troubles biologiques). Une explication pseudo-scientifique pourrait invoquer des énergies invisibles, des forces cosmiques ou l’influence des astres. Le rasoir d’Ockham incite à écarter les explications inutiles et à s’en tenir à celles qui sont testables et reproductibles.

Ou encore, de nombreuses théories conspirationnistes proposent des récits complexes et invérifiables pour expliquer des événements (ex. : « les médias sont contrôlés par une élite secrète » plutôt que « les erreurs journalistiques existent »). Le rasoir d’Ockham aide à voir que les explications les plus directes sont souvent les plus plausibles.

Le rasoir d’Ockham n’est pas une vérité absolue, mais un guide méthodologique pour raisonner avec clarté. Il ne dit pas que l’explication la plus simple est toujours vraie, mais qu’elle doit être privilégiée tant qu’aucune preuve ne justifie une hypothèse plus complexe.

Dans un monde où circulent des informations de toutes sortes, appliquer ce principe en zététique permet d’aiguiser son esprit critique et d’éviter de tomber dans le piège des explications inutiles ou excessives.

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