La séparation des pouvoirs civils et religieux : Dante (1265-1321) et Marsile de Padoue (1275-1342)

Note : ce post fait partie d’une série d’articles consacrés aux débats intellectuels relatifs à la conquête des Indes, pour en savoir plus, voir ici.

Dante Alighieri (1265-1321) est universellement connu pour la Divine Comédie, mais il a également rédigé un traité philosophique intitulé « De Monarchia »(1311) dans lequel il réclame l’autonomie du pouvoir temporel et préconise une monarchie unique et universelle. La Monarchie est un éloge de la séparation des pouvoirs et s’inscrit dans la vie politique du XIVe siècle naissant : pour repère, en 1302, les Etats du royaume de France proclame l’indépendance absolue du roi vis-à-vis du Pape. En 1303, le roi de France (Philippe le Bel) est excommunié. La Monarchie est donc rédigée dans ce contexte et Dante prend clairement une position anti papale (Libera, 1992).

– Marsile de Padoue (v.1275-1342) est l’auteur du Défenseur de la paix (1324). Aristotélicien-chrétien comme Thomas d’Aquin, il s’en distingue à plus d’un titre et va plus loin que Dante qui souhaitait. Pour cause : sa thèse est celle de la supériorité du pouvoir temporel sur celle du pape. Pis encore pour l’époque, « il nie qu’un prêtre quelconque, même s’il est évêque ou pape, ait de droit divin l’un quelconque des pouvoirs suivants : le pouvoir de décider s’il faut exercer la contrainte, et comment, contre les apostats et les hérétiques, qu’il s’agisse de sujets ou de princes ; et le pouvoir de déterminer d’une façon légalement contraignante ce qui est orthodoxe et ce qui est hérétique » (Strauss & Cropsey, 2021, p. 299).

A travers ces différents portraits théoriques, on voit se dessiner le cadrage sur lequel vont s’appuyer les auteurs de l’Ecole de Salamanque pour défendre le droit des Indiens. Faisons un saut dans le temps pour voir les balbutiements de leur défense.

Sources :

Libera A. de  « Moyen Âge », in Morichère B. (dir.) Philosophes & Philosophie 1. Des origines à Leibniz, Paris, Nathan, 1992, pp. 193-294.

Strauss L. & Cropsey J., Histoire de la philosophie politique [1963], Paris, PUF, 2021

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