
- Chant XIX : Ulysse est reconnu par sa nourrice
- Chant XX : Les préparatifs de la vengeance contre les prétendants de Pénélope
- Chant XXI : Le jeu des haches pour départager les prétendants
- Chant XXII : Ulysse et Télémaque face aux prétendants
- Chant XXIII : Pénélope retrouve Ulysse mais reste sceptique sur son identité réelle
- Chant XXIV : Les retrouvailles avec Laërte et le retour de la paix
Note : Pour un résumé complet de l’Iliade, de l’Odyssée et des textes relatifs à Troie, voir : https://lesitedushifa.fr/a-la-decouverte-du-cycle-troyen/
Chant XIX : Ulysse est reconnu par sa nourrice
Ulysse est resté seul dans la grande salle à réfléchir sur la mort des prétendants. Il dit alors à Télémaque qu’il faut cacher toutes les machines de guerre et que si les prétendants s’en inquiètent, Télémaque doit les rassurer en leur expliquant qu’il s’inquiétait à propos d’une rixe qui pourrait mal tourner. Il appelle ensuite la nourrice Euryclée et lui demande d’enfermer les femmes. Ulysse reste donc dans la grande salle et Pénélope commence à descendre, mais l’une des servantes, Mélantho, veut de nouveau le chasser. Pénélope intervient aussitôt et lui dit « Tu le savais pourtant : tu m’avais entendue ; j’avais dit devant toi qu’ici, dans ma grand-salle, je veux à l’étranger parler de mon époux » (p. 807). Pénélope interroge ensuite Ulysse qui lui répond qu’il ne veut pas lui parler de son identité. Elle explique alors qu’elle regrette le départ d’Ulysse et que les prétendants la harcèlent. Elle raconte ensuite l’histoire de la toile qu’elle faisait le jour et défaisait la nuit et la découverte de son secret.
Elle insiste ensuite pour savoir qui est ce mendiant. Il lui raconte alors la même histoire qu’au porcher. Elle lui demande alors s’il sait ce qu’il est advenu d’Ulysse. Il invente alors une histoire qui lui remonte le moral et Ulysse lui explique : « Cesse de gémir et crois à ma parole, car c’est la vérité sans détour que je dis. Ulysse va rentrer : j’ai eu la nouvelle non loin d’ici (…) Il vit ; il vous ramène un gros butin de prix, quêté parmi le peuple » (p. 811). Il raconte alors son Odyssée à la troisième personne et Pénélope se trouve rassurée. Mais elle est pessimiste car les prétendants veulent le tuer. Pénélope demande alors aux servantes de le laver et de lui servir un lit. Alors Euryclée, la nourrice, se prépare à lui laver les pieds et en voyant ses mollets, elle reconnaît une cicatrice qu’un sanglier géant avait fait à Ulysse lorsqu’il était plus jeune. Le reconnaissant, elle lui dit en larme : « Ulysse, c’est donc toi ! c’est toi, mon cher enfant ! Et moi qui ne l’ai pas aussitôt reconnu ! Il était devant moi ; je le palpais, ce maître ! » (p. 815). Voulant prévenir Pénélope, Ulysse lui dit qu’elle ne doit pas être au courant tant que les prétendants ne sont pas éliminés. Avant de se coucher, Pénélope lui raconte le rêve qu’elle a fait pour départager les prétendants :
« Je vais leur proposer un jeu, celui des haches. Ulysse, en son manoir, alignait douze haches, comme étais de carène ; puis, à bonne distance, il allait se poster pour envoyer sa flèche à travers tout le rang… C’est l’épreuve qu’aux prétendants je vais offrir : si l’un d’eux, sans effort, peut nous tendre cet arc (l’arc d’Ulysse) et, dans les douze haches, envoyer une flèche, je le suivrai, quittant cette belle demeure, ce toit de ma jeunesse, si bien fournie de tout, que je crois ne jamais oublier – fût-ce en rêve » (p. 817).
Ulysse lui explique que ce concours est une bonne idée et que le roi d’Ithaque sera arrivé avant que l’un d’entre eux ne sache tendre son arc.
Chant XX : Les préparatifs de la vengeance contre les prétendants de Pénélope
Ulysse va se coucher mais reste éveillé en pensant à la vengeance contre les prétendants. Il repense à l’épisode du Cyclope et Athéna lui apparaît en lui suggérant de se réconforter à l’idée d’être près de sa femme et de son fils et finit par l’endormir. Pendant ce temps-là, Pénélope pleure à l’idée du défi du lendemain et invoque Artémis de lui prendre la vie. Elle prie ensuite Zeus de venir tuer les prétendants, ce à quoi il répond par un éclair dans le ciel. Au petit matin, Télémaque se rend auprès de la nourrice Euryclée et lui demande comment s’est passée la nuit d’Ulysse. Le bouvier arrive ensuite et interroge Eumée sur la présence d’Ulysse qui lui répond que le retour d’Ulysse est imminent. Pendant ce temps-là, les prétendants réfléchissent à la manière de tuer Télémaque mais Amphinomos, l’un d’entre eux, déclare : « Amis, notre projet ne réussira pas : Télémaque vivra… Ne songeons qu’au festin » (p. 824). Un festin a donc lieu et Ulysse est de nouveau malmené par les prétendants.
Chant XXI : Le jeu des haches pour départager les prétendants
Athéna vient alors mettre dans l’esprit de Pénélope l’idée des jeux avec l’arc d’Ulysse. Elle va alors chercher l’arc, les flèches et revient auprès des prétendants pour lui proposer le jeu afin de les départager. Télémaque intervient et dispose les différentes haches et essaye de bander l’arc mais n’y arrive pas. Alors les prétendants sont prêts à jouer et aucun n’arrive à bander l’arc. Alors Ulysse parle au bouvier et à Eumée en leur expliquant qu’il est rentré :
« C’est moi : après vingt ans, je rentre au pays de mes pères ! De tous mes serviteurs, c’est vous seuls que je vois, après tant de traverses, souhaiter mon retour ! Du moins de tous les autres, n’ai-je pas entendu un vœu pour ma rentrée ! Aussi je vais vous dire en toute vérité ce que je compte faire : si quelque jour un dieu jette sous ma vengeance les nobles prétendants, je vous marie tous deux, je vous donne des biens, je vous bâtis une maison près de la mienne et, pour moi, désormais, vous êtes les amis, les frères de mon fils ! Mais, tenez, s’il vous faut une marque certaine, vos cœurs, sans plus douter pourront me reconnaître : c’est la plaie que jadis de sa blanche défense, me fit un sanglier, lorsque j’étais allé, avec les fils d’Autolycos, sur le Parnasse » (p. 833).
Ils se jettent alors au cou d’Ulysse et leur demande de laisser les armes. Eumée doit lui apporter l’arc pour pouvoir relever le défi. De son côté, le bouvier doit fermer le portail de la cour. Antinoos choisit d’abandonner et de faire la fête mais Ulysse, toujours sous son déguisement de mendiant, propose de relever le défi. Antinoos le tance et lui reproche de vouloir jouer. « Si tu bandais cet arc, je te prédis un malheur aussi grand ! ne compte plus trouver d’appuis en ce pays ! au fond d’un noir vaisseau, nous t’enverrons d’où rien ne te puisse sauver, chez le roi Echétos, fléau du genre humain ! » (p. 835). Alors Pénélope accepte qu’Ulysse tente de jouer et le porcher lui ramène l’arc.
« Ulysse tenait l’arc, le tournait, retournait, tâtant de-ci de-là et craignant que les vers n’eussent rongé la corne en l’absence du maître » (p. 837). Ulysse parvient alors à tendre l’arc et « sa main droite prit et fit vibrer la corde, qui chanta bel et clair, comme un cri d’hirondelle » (p. 838). Les prétendants sont angoissés et Ulysse « prit la flèche ailée qu’il avait, toute nue, déposée sur la table ; les autres reposaient dans le creux du carquois – celles dont tâteraient bientôt les Achéens. Il l’ajusta sur l’arc, prit la corde et l’encoche et, sans quitter son siège, il tira droit au but. D’un trou à l’autre trou, passant toutes les haches, la flèche à lourde pointe sortit à l’autre bout » (p. 838). Ulysse fait alors un geste à Télémaque qui reprend sa lance et prend son glaive.
Chant XXII : Ulysse et Télémaque face aux prétendants
Ulysse dit alors aux prétendants :
« C’est fini maintenant de ces jeux anodins ! Il est un autre but, auquel nul de visa : voyons si je pourrais obtenir d’Apollon la gloire de l’atteindre ! » (p. 839). Il vise alors Antinoos et le tue d’un trait. Ulysse révèle alors qui il est vraiment et seul Eurymarque implore sa pitié en rejetant la faute sur Antinoos. Ulysse les menace alors en disant qu’ils n’ont aucun choix : « La mort est déjà sur vos têtes : pas un n’échappera » (p. 840). Eurymarque, l’un des prétendants, prend alors la parole pour tirer l’épée contre Ulysse mais il l’abat d’une flèche. Télémaque s’absente pour aller chercher un bouclier, des piques et de quoi se protéger. Ulysse continue à décocher ses flèches contre les prétendants et tire dans la salle. Il va alors chercher les armes dans le trésor pour se protéger ainsi que protéger son père. Isolés, ils comprennent qu’ils sont pris au piège et que l’une des servantes ou bien Mélantheus, le chevrier d’Ulysse, qui les a trahis. Ulysse répond alors :
« A nous deux, Télémaque et moi, nous tâcherons, malgré tous leurs assauts, de les tenir ici, ces nobles prétendants : vous ! courez au trésor ! jetez-le sur le dos ! liez-lui bras et jambes ! puis attachez la porte. Roulez-le d’une corde et le hissez en haut de l’une des colonnes, jusqu’au ras du plafond : je veux l’avoir en vie pour le bien torturer ! » (p. 843).
Arrivés au trésor, ils voient bien Mélenthéus qui faisait sa récolte d’armes. Ils le capturent et font ce qu’Ulysse avait décidé. Athéna apparaît alors à Ulysse sous la forme de Mentor, un ami de longue date du roi. Les prétendants se mettent alors à l’apostropher en lui demandant de ne pas écouter Ulysse et le menacent de mort. Athéna répond alors à Ulysse :
« Ulysse, n’as-tu plus de force ni d’ardeur ? Toi qui, pour les bras blancs de cette noble Hélène, neuf années sans faiblir, combattis les Troyens, qui tuas tant de gens dans la mêlée terrible et sus, par ta sagesse, enlever à Priam sa ville aux larges rues ! A l’heure où te voilà en tes maisons et biens, devant les prétendants ton cœur ne sait que geindre ! Mais, mon bon ! Reste là, debout à mes côté, et me regarde faire ! tu verras de quel cœur, parmi les ennemis, Mentor, fils d’Alkimos, sait payer les bienfaits ! » (p. 844).
Athéna disparaît mais laisse la bataille se poursuivre pour qu’Ulysse reprenne confiance en lui. Les prétendants lui tirent dessus mais elle dévie toutes les flèches et, au final, Ulysse suggère de tirer dans le tas. Avec Télémaque, ils font de nombreuses victimes et Athéna met la peur dans leurs cœurs. Ils finissent par fuir mais rien ne peut les sauver. Certains demandent pitié à Ulysse et Télémaque intervient pour en sauver deux. Ulysse demande ensuite à Télémaque d’aller chercher la nourrice Euryclée pour savoir lesquelles des servantes sont prêtes à le trahir. La nourrice répond que douze d’entre elles sont prêtes à ce projet. Ulysse fait nettoyer la salle par les servantes et demande à ce que les douze traîtresses lui sont présentées. Elles doivent nettoyer la salle et la débarrasser des cadavres des prétendants.
Chant XXIII : Pénélope retrouve Ulysse mais reste sceptique sur son identité réelle
Euryclée remonte chez Pénélope et lui annonce le retour d’Ulysse. Pénélope ne la croit pas et elle lui certifie que c’est la vérité, précisant : « C’était lui l’étranger que, tous, ils outrageaient : Télémaque savait de longtemps sa présence, mais prudemment, gardait le secret de son père, pour lui donner le temps de punir ces bandits » (p. 851). Pénélope a dû mal à la croire mais lui demande comment il a fait pour se débarrasser des prétendants. Elle explique alors ce qui s’est passé. Pénélope ne la croit toujours pas et propose d’aller voir Télémaque et ne le croit pas non plus. Ulysse propose alors que tout le monde ailler se laver et d’aller demander conseil à Zeus. Pénélope, pour être sûre qu’il s’agisse bien d’Ulysse, lui propose alors un défi : remonter le lit conjugal que lui seul avait fait et pouvait bouger. Pénélope reconnaît alors son mari et « sentait se dérober ses genoux et son cœur ; elle avait reconnu les signes évidents que lui donnait Ulysse ; pleurant et s’élançant vers lui et lui jetant les bras autour du cou et le baisant en front, son Ulysse, elle dit : « Ulysse, excuse-moi ! Toujours je t’ai connu le plus sage des hommes ! » (p. 855). Les deux pleurent et Ulysse lui raconte qu’il lui reste « un travail compliqué, malaisé » (p. 856) donné par le devin Tirésias aux enfers. En effet, Ulysse doit « faire le sacrifice d’un taureau, d’un bélier et d’un verrat de taille à couvrir une truie » à Poséidon. Ulysse raconte alors à Pénélope son voyage et lui explique que le bruit va courir qu’il a massacré les prétendants. Elle doit alors rester cachée. Mais en attendant, il veut retrouver son père, Ithaque, qui est resté caché et qui ne connaît pas la nouvelle du retour de son fils.
Chant XXIV : Les retrouvailles avec Laërte et le retour de la paix
Aux enfers l’ombre d’Agamemnon parle avec celle d’Achille : ils parlent de la mort d’Achille et des honneurs qui lui ont été rendus et il raconte l’histoire des jeux organisés par Thétis, la mère d’Achille, ainsi que le partage du butin. C’est alors qu’Hermès arrive avec les âmes des prétendants tués par Ulysse. L’ombre d’Amphimédon lui répond alors les événements survenus à Ithaque qui ont conduit à leur mort. L’ombre d’Agamemnon répond alors :
« Heureux fils de Laërte, Ulysse aux mille ruses ! c’est ta grande valeur qui te rendit ta femme ; mais quelle honnêteté parfaite dans l’esprit de la fille d’Icare, en cette Pénélope qui jamais n’oublia l’époux de sa jeunesse ! » (p. 863).
Pendant ce temps-là, Ulysse et Télémaque se rendent chez Laërte. Ulysse demande à son fils et à ses amis de tuer le cochon le plus gras qu’ils trouveront. Ulysse retrouve son père en train de bécher et lui demande qui l’a quasiment asservi. Laërte répond alors à ces différentes questions et explique que son fils est perdu ou est décédé. Ulysse raconte alors la même histoire que celle qu’il a raconté au porcher lors de son retour et finit par lui révéler la vérité :
« Mon père ! le voici, celui que tu demandes… Je reviens au pays, après vingt ans d’absence ! Mais trêve de sanglots, de larmes et de cris ! Ecoute ! Nous n’avons pas un instant à perdre ! Car, j’ai, sous notre toit, tué les prétendants ; j’ai vengé mon honneur et soulagé mon âme, en punissant leurs crimes » (p.866).
Laërte reste sceptique et Ulysse lui prouve en lui montrant la marque du sanglier. Alors il se jette au cou de son enfant. Ce dernier lui propose alors de retourner au logis qui borde le verger avec Télémaque, Eumée et le bouvier. Pendant ce temps-là, le retour d’Ulysse est connu des habitants d’Ithaque et la foule veut voir le roi. Sur l’Olympe, Athéna est sceptique par rapport aux projets de Zeus vis-à-vis d’Ulysse, mais il la rassure en lui expliquant que la paix est arrivée : « Pourquoi ne pas sceller de fidèles serments ? il garderait le sceptre ; nous, aux frères et fils de ceux qui sont tombés, nous verserions l’oubli, et, l’ancienne amitié les unissant entre eux, on reverrait fleurir la richesse et la paix » (p. 870). Alors Athéna, rassurée, redescend à Ithaque pour accomplir le dessein de Zeus.
Une bataille reprend entre les gens d’Ithaque à propos d’Ulysse mais Athéna leur demande de faire la paix : « A quoi bon, gens d’Ithaque, cette cruelle guerre ? sans plus de sang, quittez la lutte, et tout de suite ! » (p. 871). Ces derniers s’exécutent et les armes tombent. Athéna demande alors :
« Fils de Laërte, écoute ! ô rejeton des dieux, Ulysse aux mille ruses ! Arrêt ! Mets un terme à la lutte indécise, et du fils de Cronos, du Zeus à la grand-voix, redoute le courroux ! » A la voix d’Athéna, Ulysse, tout joyeux dans son cœur, obéit : entre les deux partis, la concorde est scellée par la fille du Zeus à l’égide, Athéna : de Mentor, elle avait l’allure et la voix » (p. 871).


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