Monter au ciel en laissant un testament sur les montgolfières ? La mort d’Euler



1783 est une année importante dans l’histoire des sciences et des techniques : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’humain s’élève dans les airs grâce à un nouvel appareil : le ballon aérostatique. Deux frères ardéchois, les frères Montgolfier, ont enfin réussi à réaliser le rêve de Léonard de Vinci : faire voler un humain. Leur démonstration devant Louis XVI à Versailles le 19 septembre 1783 les fait rentrer dans l’histoire et leur nom est donné au célèbre ballon qui devient, de fait, la montgolfière.

1783 est également une année importante pour l’histoire des mathématiques et des sciences physiques puisque c’est l’année de la mort de Léonard Euler. Ce scientifique, né en 1707 à Bâle a révolutionné l’ensemble des branches des mathématiques et a également permis de nombreux progrès en physique (mécanique, astronomie…). Aveugle à partir de 1771, il avait également une mémoire phénoménale lui permettant de retenir toutes ses démonstrations. En 1783, L. Euler est un savant respecté notamment membre honoraire de l’Académie de Boston, aux côtés de Buffon et Benjamin Franklin. A 73 ans, il est quasiment aussi célèbre que Voltaire en Europe et sa mort constitue un événement particulier. Condorcet, philosophe des Lumières, écrit notamment : « Il cessa de calculer et de vivre ».


Mais le jour de sa mort, est-ce qu’il continuait vraiment à calculer comme nous respirons ? En fait, le 7 septembre 1783, jour de sa mort, il calculait les mouvements des machines aérostatiques sur des ardoises qui ont été publiées à titre posthume sous le titre Calculs sur les ballons aérostatiques faits par feu M. Léonard Euler tels qu’on les a trouvés sur son ardoise tels qu’on les a trouvés, après sa mort le 7 septembre 1783 (et en français !).

Euler connaissait l’existence de la montgolfière et l’article contient une préface indiquant que :

M. Euler ne put être instruit que peu de temps avant sa mort de la découverte de M. Montgolfier. L’idée de chercher les lois du mouvement vertical d’un globe qui s’élève dans un air calme, en vertu de la force ascensionnelle qu’il doit à sa légèreté, a été la première qui se soit présentée à son esprit : il essaya sur-le-champ d’appliquer le calcul à cette question ; et lorsqu’il fut surpris par la mort, la planche noire sur laquelle il écrivait avec de la craie, depuis qu’il était presque privé de la vue, était chargée de ces calculs, les derniers qui aient été faits par ce grand homme, aussi singulier peut-être par le nombre incroyable de ses travaux, que par la profondeur et la force de son génie. (cité par Barilier, 2018)


Il a donc cherché à comprendre de manière abstraite, jusqu’au jour de sa mort, à expliquer les différents phénomènes de la nature et de la technologie. Notons au passage que l’un de ses premiers ouvrages portait sur la construction des navires (Scientia navalis, un livre de plus de 600 pages paru en 1739 !). Entre ciel et air, Euler s’est intéressé à tout ce qui l’entourait !

Source :

Barilier E. Leonhard Euler. La clarté de l’esprit, Savoir Suisse, 2018

2 réponses à « Monter au ciel en laissant un testament sur les montgolfières ? La mort d’Euler »

  1. […] Est-ce que tu as un livre qui parle des montgolfières ? – Je ne crois pas mais… Regarde ici—– J’aimerais bien lire Homère mais je trouve que c’est difficile… […]

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  2. […] des Lumières dans son domaine de compétences. Comme nous l’avons précisé par ailleurs (ici), ce mathématicien illustre a commencé ses travaux en étudiant… la musique ! Il ne […]

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